À un moment où de nombreux gouvernements recherchent de nouvelles sources de recettes pour faire face à des déficits croissants, les impôts sur la richesse sont revenus au centre du débat. Dans son article pour Expansión, Carlota Pastora examine comment différents pays européens réintroduisent – ou élargissent – les taxes sur le patrimoine et quels effets réels elles produisent sur l’investissement, la mobilité internationale et la stabilité économique.
L’analyse s’interroge sur le fait que ces mesures répondent réellementà une volonté de justice sociale ou si elles sont devenues des outils de collecte urgente générant des conséquences indésirables.
Impôts sur la richesse : que se cache-t-il réellement derrière ces prélèvements ?
L’idée de taxer le patrimoine accumulé est souvent présentée comme un mécanisme visant à renforcer l’équité fiscale. Cependant, dans la pratique, de nombreux actifs ont déjà été imposés à l’origine, ce qui ouvre le débat sur la double imposition et son impact sur ceux qui accumulent des investissements à long terme.
À cela s’ajoute un problème récurrent : lorsque la charge fiscale augmente, de nombreux contribuables mobiles choisissent de déménager vers des juridictions aux règles plus stables et prévisibles.
L’effet réel : fuite de capitaux, prévisions fiscales et décisions politiques
L’article examine plusieurs cas récents. D’un côté, la décision du gouvernement français d’écarter la taxe Zucman par crainte d’une délocalisation des grandes fortunes. De l’autre, la stratégie plus subtile de l’Espagne, qui étend le contrôle fiscal grâce à de nouvelles obligations d’information bancaire pour détecter des niveaux élevés de dépenses, ce que beaucoup interprètent comme une étape préalable à de futurs impôts sur le patrimoine.
Des cas comme la Norvège montrent que relever la fiscalité sur la richesse peut provoquer des départs massifs de contribuables, réduisant finalement les recettes totales. Il n’est pas surprenant que, parmi les douze pays européens qui avaient un impôt sur le patrimoine en 1990, seuls trois le maintiennent aujourd’hui.
Andorre et l’attraction des capitaux vers des juridictions fiscalement stables
Face à ces mouvements, certains pays qui évitent de pénaliser l’accumulation de richesse ont renforcé leur attractivité. L’Andorre en est un exemple particulièrement visible.
Son système sans impôt sur le patrimoine, ni sur les successions, ni sur les donations a agi comme un aimant pour les personnes fortunées provenant d’Espagne et de France.
Cependant, cette croissance a également généré des défis internes : pression immobilière, hausse des prix et prochaine réforme durcissant les conditions de résidence passive. Malgré cela, la sécurité juridique et la stabilité fiscale demeurent ses principaux avantages compétitifs.
Coordination internationale et planification : clés pour l’avenir
L’analyse de Carlota Pastora souligne que la solution ne réside ni dans des mesures isolées ni dans des prélèvements urgents qui génèrent de l’incertitude.
Ce qui déterminera réellement l’avenir sera l’existence de règles claires, prévisibles et coordonnées au niveau international, surtout dans un monde où les contribuables fortunés possèdent une grande mobilité.
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